Ports/ sécurisation contre les cyberattaques

Ports/ sécurisation contre les cyberattaques

Haropa-port s’engage à proposer un modèle reproductible sur les autres ports

Rassembler les acteurs pour créer un écosystème sécurisé innovant au regard de la recrudescence des cyberattaques, c’est le défi que s’est lancé le Havre. En effet, le piratage des systèmes informatiques des acteurs du monde maritime et portuaire est désormais d’actualité, après ceux des navires. Objectifs de ces attaques : atteinte à l’image, escroquerie financière, vols de données, sabotage. En 2011, le port d’Anvers a été attaqué par des hackers travaillant pour le compte d’un cartel de drogue. Une intrusion dans le système de gestion des conteneurs a permis de récupérer les boîtes qui contenaient la marchandise frauduleuse. En mai dernier, un port iranien en a fait les frais voyant le flux de navires, camions et conteneurs être sabotés. Selon une publication de Ouest France tout port subit une centaine d’attaque. La note est dans la plupart des cas salée pour les opérateurs victimes de ces attaques. De 325 millions à 11,5 milliards de dollars entre 2015 et 2019 et estimés à 20 milliards en 2021, les coûts induits par les rançons ne cessent de grimper selon Jérôme Lees, du cabinet d’assurance Gras Savoye Dero. L’État a pris conscience de l’importance pour l’économie nationale d’avoir des ports sûrs, note Jérôme Besancenot responsable du Développement des systèmes d’information au port du Havre. Une stratégie conduite par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) a été définie, pour davantage prendre en compte la menace cyber, au même titre que les aéroports. « Aujourd’hui, on doit se mettre dans la tête d’un cyber-attaquant, avec la volonté d’être malfaisant. Or, 66 % des attaques cybers sont dues à la négligence des employés », selon Jérôme Lees. Haropa-port du Havre se mobilise. certifié ISO 28 000, dès 2010, pour son management de la sécurité logistique, il a créé en 2019, une plate-forme de cybersécurité portuaire, maritime et industrielle. Elle est intégrée dans le programme « Le Havre smart port city », lauréat de l’appel à projet Territoire d’innovation grande ambition du programme d’investissements d’avenir (Tiga PIA3). Le port collabore dans ce cadre avec les armateurs, les industriels, les universitaires et a signé un accord industriel avec Soget, l’Union maritime et portuaire du Havre et le géant de l’aéronautique Airbus. Des crash-tests sont effectués sur différents scénarios avec leurs experts, pour développer des solutions performantes, une méthodologie, de bonnes pratiques. La prochaine étape de ce projet est de proposer un modèle reproductible sur les autres ports qui permettra en définitif d’harmoniser les process, de mutualiser les services en termes de sensibilisation, formation, audits et gestion de risque. Balogoun Adama

osouattara

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